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samedi 30 avril 2011

Offrez-vous une Rolls Royce électrique

Si vous avez envie de passer au vert, n’hésitez plus une seule seconde. La Rolls Royce Phantom en version électrique est la voiture idéale pour rouler écolo.
C’est lors du salon de Genève que la Phantom au doux nom de code 102EX a été exposée.
Nous vous avions déjà parlé de cette Phantom mais sachez que cette Rolls se différencie des autres voitures électriques (et pas uniquement par son prix).
En effet, Rolls innove puisque vous n’aurez pas à la brancher sur le secteur pour qu’elle se recharge. C’est par induction qu’elle se rechargera. Pour ce faire il faudra installer un plaque dédiée sur le sol où la Rolls sera garée. L’induction comme élément de séduction pour quelques riches privilégiés.
Toutefois, l’idée de la recharge par induction est plut?t bonne et pourrait être reprise par d’autres constructeurs.

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samedi 23 avril 2011

Automobile - L'ambition mondiale de la non conformiste Citroën DS5

DS5 se situe encore à un échelon supérieur qui a d'ailleurs motivé sa présentation ce lundi matin en Chine plut?t qu'au récent Salon de Genève par exemple. (DR)
DS5 se situe encore à un échelon supérieur qui a d'ailleurs motivé sa présentation ce lundi matin en Chine plut?t qu'au récent Salon de Genève par exemple. (DR)

Présentée au Salon de Shangai, la troisième déclinaison de la gamme DS éclaire d'un jour nouveau la stratégie des Chevrons.


La ligne DS continue de s'élever dans la gamme Citro?n avec cette DS5 qui sera disponible en fin d'année. Elle complète une ligne déjà composée de DS3 et DS4 et va contribuer ainsi à constituer une ligne parallèle, plus innovante et non conformiste que la ligne standard des Citro?n. Elle s'adresse, selon le constructeur ?aux clients à la recherche de produits radicaux et affirmés. Des clients en quête d'une approche résolument moderne du Premium?. Le succès de DS3, avec plus de 90.000 exemplaires produits, témoigne de la pertinence de cette approche que la commercialisation prochaine de la DS4 devrait confirmer.

DS5 se situe encore à un échelon supérieur qui a d'ailleurs motivé sa présentation ce lundi matin en Chine plut?t qu'au récent Salon de Genève par exemple. Inspirée du prototype C-Sportlounge, l'architecture de la DS5 est innovante avec une carrosserie longue de 4,52 m, donc beaucoup plus courte qu'il n'y parait. Elle est surélevée en garde au sol comme un 4x4 mais affiche un profil élancé tel un coupé. L'habitabilité et le coffre sont cependant dignes d'une familiale tandis que le poste de conduite cockpit évoque le Grand Tourisme.

Technologie Hybrid4

Bien s?r, comme toutes ses congénères, elle déploie l'attirail high tech complet des aides à la conduite où on retrouvera notamment le contr?le de traction intelligent, l'alerte de franchissement involontaire de ligne par système vidéo ou encore la commutation automatique des feux de route en fonction de la circulation environnante. La Citro?n DS5 sera aussi la première voiture de la marque -il y en aura beaucoup d'autres ensuite- à bénéficier de la technologie Hybrid4, inaugurée dans quelques semaines par la Peugeot 3008. Rappelons qu'elle marie un moteur Diesel avec un électrique pour distribuer 200 ch sur les 4 roues de fa?on ciblée, c'est-à-dire à tout moment optimisée en fonction des besoins d'accélération, des nécessités économiques et environnementales et de l'adhérence quatre saisons disponible.

Tout cela autorise Citro?n à promettre de nouvelles sensations de conduite (roulage urbain électrique, boost à l'accélération) avec des émissions réduites à 99 g/km de CO2. Croyez bien que nous vérifierons rapidement cette affirmation et en premier lieu sur une 3008. Il restera à Citro?n à nous livrer des sensations réellement différentes avec une technologie identique, ce qui n'est pas gagné. Dans ce domaine, le style devrait faire le distingo mais on pourra s'interroger en regardant par ailleurs le prototype de PSA, la Peugeot SxC dont l'architecture est bien proche de celle de la DS5. Cette dernière a donc une longueur d'avance et devrait en profiter à l'international, et notamment en Chine dès 2012 où PSA pronostique une croissance annuelle du marché de plus de 10% et pour longtemps.

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samedi 16 avril 2011

Sara Forestier, la meilleure façon de coucher

La quiétude du salon de thé japonais aux canapés moelleux est troublée par une voix. Le ton est enthousiaste, le débit est rapide. Sara Forestier, actrice principale du film ??Le nom des gens?? de Michel Leclerc, encha?ne les interviews avec les journalistes. La comédienne se fond parfaitement dans ce cadre épuré. Cheveux relevés, sans maquillage, les artifices sont remisés au placard. Tout juste une mini pince à linge avec une coccinelle agrémente son pull gris.
La discussion s’engage spontanément. La première question porte sur le choix de l’actrice. Pourquoi une blonde aux grands yeux bleus pour incarner Bahia Ben Mahmoud, métisse franco-algérienne ? Sara Forestier explique qu’un casting a été organisé pour trouver une fille typée maghrébine, mais aucune d’entre elles n’a ??fait une proposition de personnage qui convenait??. Sara, elle, pour obtenir le r?le, s’est creusée la tête : ??J’ai proposé un ton de comédie avec des costumes.??
C’est qu’il faut en avoir de l’inventivité et de l’audace pour jouer le r?le d’une jeune fille délurée, Doc Martens rose aux pieds, soutien-gorge apparent à motif léopard, dévoilant sa poitrine. Si Sara s’est dépassée c’est parce que, dit-elle, ce film ??déjoue les clichés??. L’expression est elle-même clichée mais il faut reconna?tre que le film remplit le contrat et s’amuse même à zigzaguer dans le mille-feuille de l’identité.
L’actrice est séduite par la posture adoptée par l’héro?ne. Bahia est la fille d’une militante anti-nucléaire, baba cool sur les bords, grande gueule, révoltée devant l’Eternel. Son père est un immigré clandestin algérien discret qui a fuit les horreurs de la guerre d’Algérie et qui ne tend qu’à rendre service à autrui. Elle explique qu’une fille qui s’appelle Bahia Ben Mahmoud va forcément être victime de racisme. Eh bien comme la vie est mal faite, ce souhait n’est pas exaucé : ??Cela l’emmerde de ne pas être victime de racisme. Elle se sent privilégiée. Son père a souffert du racisme et elle non. C’est une problématique pertinente et surprenante. Elle n’est abordée ni dans les médias, ni dans les films.??
D’une certaine manière, elle a pu conna?tre elle aussi ce sentiment de privilège. Elle se souvient : ??Plus jeune, j’avais plein d’amis d’origine maghrébine au physique typé. Lorsqu’on se promenait, s’ils se faisaient contr?ler par la police, on ne me demandait jamais mes papiers car j’ai la tête d’une Fran?aise pure souche. ?a me gênait de ne pas être contr?lée et de me sentir privilégiée.??
Du sentiment d’injustice na?t parfois l’engagement. Pourtant, Sara Forestier ne se la joue pas Emmanuelle Béart, son engagement, elle l’exprime dans son art ??inconditionnellement, totalement. Mes idéaux et mes visions de la société transparaissent dans mon art.?? C’est la raison pour laquelle elle fuit ??les films avec Pierre, Paul ou Jacques qui couchent ensemble. On m’en a proposé, les problématiques intimes ne m’intéressent que si elles restent ouvertes vers la société, sans être des films à message qui cherchent à imposer une vision.?? ??Le nom des gens?? se conclut sur une question. Une posture qui lui convient parfaitement : ? Je déteste le volontarisme dans l’art. On doit poser plus de questions que donner des réponses. Sinon, il faut faire des manifs, s’engager en politique.??
Sara se démarque de celle qu’elle incarne. Bahia s’engage au quotidien. Elle est pragmatique et concrète. Elle conclut des mariages blancs et est, de fa?on épidermique, de gauche. Depuis, croit-elle, que Fran?ois Mitterrand a accordé la nationalité fran?aise à son père. Pour faire triompher ses convictions, elle donne littéralement de son corps et couche avec des hommes de droite pour les convertir. Dix jours sont nécessaires pour un adepte du Front national, un après-midi suffirait pour détourner un électeur du Modem d’après l’expertise de Bahia. Cette Mata Hari de gauche n’aura pas à user de ses charmes sur Lionel Jospin qui appara?t dans une courte scène. Le temps de lacher une réplique délicieuse : ? Un jospiniste, aujourd’hui, c’est aussi rare qu’un canard mandarin dans l’?le de Ré. ?
Cette jeune femme fantasque croise la route d’Arthur Martin (Jacques Gamblin), ??comme les cuisines??, épidémiologiste, spécialiste de la grippe aviaire, coincé comme pas deux. Une rencontre improbable, surtout qu’elle le croit de droite alors qu’il est le dernier des Mohicans du jospinisme. L’homme charrie aussi son lot de névroses. Elevé dans une famille où le tabou est roi et au sein de laquelle on s’échine à trouver des sujets de conversation où l’on ne parle de rien. Le tabou ultime c’est la mère d’Arthur qui le cristallise. Fille de juifs grecs, déportés, elle grandit dans une famille fran?aise qui l’a sauvée des camps. Un événement sur lequel jamais elle ne s’exprime.
Ces névroses qui étreignent les personnages, Sara Forestier les analyse comme une projection des névroses qui habitent la France : ??Le film, à travers ses personnages et ses situations, parle de la France d’aujourd’hui et de ses obsessions. Par exemple, la mère d’Arthur doit refaire ses papiers d’identité et doit justifier de sa nationalité fran?aise. Cette scène met en exergue l’absurdité de certains fonctionnements de la société.??
L’actrice apprécie la capacité du réalisateur à insuffler de la légèreté à des sujets lourds voire tabous : ??Le devoir de mémoire c’est quelque chose de très lourd en France, c’est comme le? principe de précaution, il y a des sujets avec lesquels on ne rigole pas. Il y a toute cette tristesse à aérer en traitant ces sujets, et sans enlever leur importance, sous le prisme du quotidien et non pas comme des concepts pesants. Pour moi, c’est comme un masque d’oxygène qu’on transmet aux gens.?? Elle pense aussi au père de Bahia, ancien immigré clandestin joué par le trop rare Zinedine Soualem qui ??courbe tellement l’échine que ?a en devient dr?le. Il est tellement névrosé que lorsque sa fille lui propose du gateau, il refuse en disant « garde le pour toi, je n’ai besoin de rien ».??
L’actrice dit attacher un soin particulier au réalisateur qui la dirige qu’elle compare à un conteur : ??Il faut une bonne histoire et qu’il sache la raconter. Il faut que le conteur soit bon, s’il raconte mal une bonne histoire, il la flingue.?? Celle qui est survoltée se discipline sit?t qu’elle passe entre les mains du metteur en scène?: ??J’aime bien être tordue, domptée par une vision, fa?onnée par un univers.?? Elle n’exclut pas un jour elle-même proposer sa vision en réalisant un long métrage.
Au fil de l’interview, on se rend compte à quel point elle est exaltée et habitée par son métier. Quitte à ne pas parler d’autre chose. D’ailleurs elle n’a jamais songé à embrasser une autre carrière que comédienne. Quoique. Après un temps de réflexion, elle dit qu’elle aurait voulu être institutrice : ??J’aime la transmission, j’adore le contact avec les enfants. Je suis fascinée par ce qui se joue à l’enfance, comment on se construit à partir de l’enfance, comment beaucoup de choses sont conditionnées par l’enfance qu’on a eue.?? Cette perception de l’enfance qui fa?onne la personnalité se retrouve au centre du film.
Pleine de projets, comme un second film avec Michel Leclerc ou des retrouvailles avec Abdellatif Kechiche, le réalisateur de ??L’Esquive??, qu’elle ??adule??, Sara n’a qu’une crainte?: ennuyer le public, mais surtout ne plus se sentir stimulée par ce métier qui la passionne.
Fa?za Zerouala

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dimanche 10 avril 2011

Le procès de toutes les craintes

C’était au début de 2006. A peine sortie des émeutes de banlieues, la France plongeait dans la contestation radicale d’un projet de loi censé favoriser l’emploi des jeunes, le CPE. Le 20 janvier, Ilan Halimi, juif employé par une agence de téléphonie portable à Paris, était enlevé par le ? gang des barbares ?, avec, à sa tête, Youssouf Fofana. Les ravisseurs exigeaient une ran?on de 450 000 euros à ses proches. Détenu pendant plusieurs semaines dans une cave de la cité Pierre-Plate, à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, il était retrouvé le 13 février, agonisant près d’une voie ferrée. Il avait 23 ans. Son corps portait des traces de tortures. Un crime atroce, un crime sans nom.
Sans nom ? C’est tout l’enjeu du procès fleuve – deux mois et demi d’audience – qui s’ouvre mercredi devant la cour d’assises des mineurs de Paris. Outre la culpabilité ou le degré de culpabilité des protagonistes présumés de cet assassinat, les jurés devront se déterminer sur sa qualification : antisémite, comme le retient l’accusation, ou pas ? Pour les parties civiles, dont la famille du disparu, représentée par une gloire du barreau, Me Francis Szpiner, le caractère antisémite du meurtre ne souffre aucun doute. La mère d’Ilan Halimi souhaite à ce propos un procès public aux ? vertus pédagogiques ?, mais il pourrait se tenir à huis-clos en raison de la présence de deux accusés qui étaient mineurs au moment des faits.
Assassinat antisémite, parce que, selon l’accusation et d’après les déclarations de plusieurs complices de Youssouf Fofana, Ilan Halimi aurait été enlevé en tant que juif : ? Les juifs sont solidaires entre eux et ils paient ?, aurait dit le chef au reste de la bande. La défense fera sans doute valoir que dans d’autres tentatives d’enlèvement imputées au ? gang ?, les personnes visées n’étaient pas juives mais simplement supposées riches.
La déposition d’un des ge?liers d’Ilan Halimi, enregistrée par la Brigade criminelle de Paris le 18 février 2006, donne un aper?u du calvaire enduré par la victime : ? On m’a demandé un cutter pour prendre une photo d’Ilan [à envoyer à sa famille]. (…) Il était enroulé dans deux couettes blanches sans housse. Son visage était toujours scotché à l’exception d’une partie en dessous du nez et des oreilles qui était visible. (…) Sans prévenir Ilan pour qu’il ne stresse pas, je lui ai mis un coup de cutter sur cinq ou six centimètres sur la joue gauche. Malgré le sparadrap, cela a saigné vite dans sa barbe qui n’avait pas été rasée. Ilan a eu un mouvement de recul mais n’a pas crié. ?
Les récits d’horreur se succéderont à la barre. Seront-ils porteurs, comme le voudrait la mère d’Ilan Halimi, de vertus pédagogiques pour chacun de ceux qui les entendront, au tribunal ou rapportés par les médias ? Rien n’est moins s?r. Ce procès est aussi, qu’on le veuille ou non, un procès politique qui charrie des passions. Alors que la guerre faisait rage à Gaza au début de l’année, un jeune Fran?ais d’origine maghrébine confiait : ? J’appréhende le procès Halimi. Je n’en peux déjà plus. Ils [les juifs] vont en faire tout un plat, alors que d’autres crimes horribles ont lieu dont on ne parle pas. Vous verrez, ils vont une fois de plus passer à la télé un documentaire sur la Shoah pour bien nous mettre dans l’ambiance. ? Mercredi dernier, France 2 diffusait ? Einsatzgrüppen ?, un documentaire remarquable sur la Shoah par balles…
La remarque de ce jeune homme illustre l’état de tension et d’incompréhension entre les ? communautés ? juive et arabo-musulmane de France. Certains, chez les seconds, verront dans le procès des assassins présumés d’Ilan Halimi une instrumentalisation de la douleur visant à occulter celles des Gazaouis bombardés par les Israéliens.
Il est difficile, dans ce contexte, d’?uvrer au ? dialogue ?. Jean-Claude Tchicaya, de Bagneux, s’y emploie dans le cadre de l’APCEJ (Association pour la promotion de la citoyenneté, des enfants et des jeunes). Il intervient dans les établissements scolaires de Seine-Saint-Denis ? sur les questions de racisme, d’antisémitisme et d’islamophobie ?. L’enjeu de sa mission : parler de toutes les mémoires pour éviter la ? concurrence mémorielle ?. Il organise également des voyages éducatifs à Auschwitz, sur l’?le de Gorée et en Martinique.
Son engagement ne date pas d’aujourd’hui. En 1994, à Bagneux, il avait monté une pièce de théatre intitulée ? A la rencontre de notre histoire ?. ? Nous étions 87 sur scène. Le spectacle évoquait l’Afrique avant l’esclavage, puis l’esclavage, la Shoah, Isra?l, la Palestine, nous chantions en hébreu, en arabe, en créole ?, raconte-t-il. Cette bonne volonté affichée n’a pas suffi à empêcher des drames, ni la recrudescence des préjugés antisémites. Elle a, même, peut-être, contribué à accro?tre la concurrence victimaire, alors qu’en principe, elle est porteuse du contraire.
Lorsqu’il était animateur de jeunesse, Jean-Claude Tchicaya a c?toyé une partie de ceux qui compara?tront dès demain sur les bancs de la cour d’assises des mineurs de Paris. ? Je connais des familles des accusés. Je peux vous dire, car il est important de ne pas simplifier les choses, que certaines d’entre elles combattaient le racisme, qu’elles faisaient tout sauf inciter leurs enfants à quelque haine que ce soit. Bagneux est traumatisé par ce qui est arrivé à Ilan Halimi. J’espère que les premières paroles des accusés seront pour demander pardon à sa famille. ?
Antoine Menusier
Photo : autocollant réclamant ? Justice pour Ilan ?, dans les couloirs du métro, Gare du Nord, à Paris.
? Il faut combattre les clichés antisémites en circulation chez les jeunes ?

Fondateur de l’Amitié judéo-musulmane de France, Michel Serfaty, rabbin de Ris-Orangis, dans l’Essonne, place autant d’espoirs que de craintes dans le procès.
Dans quel état d’esprit abordez-vous ce procès ?
Je suis inquiet. Nous, juifs de France, redoutons les pressions que la population pourrait exercer sur les juges et les témoins. Nous vivons dans un environnement où le ressentiment créé par la guerre d’Isra?l contre Gaza, a développé chez beaucoup de nos concitoyens la contestation directe de la personne classique juive fran?aise. L’UOIF (Union des organisations islamiques de France), par exemple, a déclaré, lors de son dernier congrès, à la mi-avril, que la pureté de notre juda?sme était altérée par le sionisme. C’est une attaque virulente qui a été répercutée dans tout le monde arabe et qui suscite contre nous des postures de mépris et de rejet. Nous sommes-nous permis, nous, d’attaquer frontalement l’islam en remettant en cause sa ? pureté ? ?
Craignez-vous que la figure juive de la victime, Ilan Halimi, soit présentée par certains comme la figure oppressive des classes populaires issues de l’immigration, en l’occurrence, ses assassins présumés ?
Je crains que les clichés antisémites – les juifs ont de l’argent, les rabbins sont riches – ayant été à la base de la démarche de Fofana et de son groupe, servent les arguments d’un activiste tel que Kémi Seba (condamné pour incitation à la haine raciale, leader de la Tribu Ka, groupuscule noir extrémiste dissout en 2006, ndlr) et de ceux qui considèrent que nous sommes les auteurs de notre malheur.
Il y a aussi des extrémistes juifs violents en France, représentés par des organisations comme le Betar ou la Ligue de défense juive, qui ? cassent ? parfois du musulman lorsque ce dernier assiste à un meeting de soutien aux Palestiniens. Que faites-vous contre ces groupes-là ?
Nous condamnons les actions et les modes de fonctionnement des groupuscules d’écervelés que vous citez. Mais il faut bien comprendre qu’ils ne représentent même pas 0,1% de l’opinion juive. Par ailleurs, les violences qu’ils exercent sont très peu en proportion des violences que nous subissons de la part d’extrémistes musulmans.
Qu’attendez-vous du procès qui s’ouvre mercredi ?
Nous attendons de ce procès que la justice fran?aise dénonce et condamne les vecteurs de clichés antisémites. Il faut que la société fran?aise prenne conscience du combat qu’elle a à mener auprès des jeunes et de l’éducation nationale.
Alain Finkielkraut dit que les voyages à Auschwitz de classes de banlieue, qui comprennent un nombre important d’élèves d’origine maghrébine ou noire africaine, loin de combattre les stéréotypes antisémites, contribuent à les renforcer.
Je suis en partie d’accord avec lui et en partie en désaccord. En partie d’accord, parce que, oui, nous allons au casse-pipe lorsque l’organisation de tels voyages n’est pas préparée pendant au moins six mois avec les élèves et leurs parents. Mais quand la préparation est faite avec beaucoup de minutie, et c’est ce que je tente de faire depuis 20 ans, je n’ai aucun doute sur les conséquences positives de telles initiatives.

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dimanche 3 avril 2011

De battre, mon épicerie va s’arrêter

L’épicerie ? L’Oasis Nord ? ne vous dit peut-être rien. Ce commerce de proximité dessert Bondy Nord, Blanc-Mesnil Sud et alentours. Bref, un bassin de quelques milliers de personnes. Pendant le Ramadan, l’endroit propose des ? zlabiyas ? chaudes et colorées que les musulmans dégustent au moment de la rupture du je?ne après les traditionnelles dattes et le verre de laban (petit lait).
Lorsque vous entrez dans cette épicerie, diverses odeurs vous assaillent en toute amitié, sur les présentoirs sont disposés des sacs de riz, de lentilles, d’épices et d’olives. Vous êtes transportés dans les souks du Maghreb. Sortons de ce rêve bleu, revenons à Bondy Nord, rond point Jouhaux-Blum. Sahbi, gérant de ? L’Oasis Nord ?, est agé de 33 ans. Il a inauguré son commerce le 15 novembre 2000. Cette épicerie est une affaire de famille, c’est parfois son petit frère ou son père que l’on trouve derrière le comptoir. Ce mercredi matin, des clients de tout les ages et de toutes les origines viennent faire leurs emplettes. Sahbi les conna?t tous. Ceux-là qui, au saut du lit, arrivent en chaussons dans ? l’épicerie d’en bas ?, pour acheter un croissant, une baguette chaude, ou encore du lait.
? J’aime cette proximité que nous proposons aux gens, certaines personnes ne peuvent pas se déplacer jusqu’aux centres commerciaux, en raison de leur age, ou parce qu’ils ne sont pas véhiculés ?, raconte Sahbi. Son épicerie est située en bas de la tour Y, qui sera détruite en 2010 ou 2011 dans le cadre du programme de rénovation urbaine. Tous les trois ans, son bail était renouvelé tacitement, mais le 14 novembre dernier, il ne l’a pas été, ce qui est légal. En juin, il a re?u un courrier des ? Immobiliers 3F ?, dans lequel on lui annonce la démolition prochaine de la tour où se trouve son commerce. C’est toute la cité qui sera démolie, la plupart des gens seront relogés à Bondy, ainsi qu’à Sevran et à Argenteuil.
Le programme de rénovation urbaine de Bondy représente un co?t de 250 millions d’euros pour la requalification de 4000 logements. La partie valant pour Terre-Saint-Blaise, le quartier de ? L’Oasis Nord ?, co?te 34 millions d’euros pour 830 logements, des équipements et un centre commercial. Selon Bondy Pour Tous, ce projet a été réalisé en concertation avec les habitants dans le cadre de groupes de travail thématiques. La présidente de l’amicale des locataires, Micheline, à la retraite, passe acheter son pain. ? Pour les gens concernés, ?a n’est vraiment pas bien, ils sont victimes, et on ne leur demande pas leurs avis ?, se plaint-elle. Le 31 décembre 2009, Sahbi devra avoir quitté les lieux, il attend toujours la signature d’un protocole avec ? les 3F ? qui lui permettrait de laisser son commerce ouvert jusqu’au moment de la démolition.
Une pétition a été lancée pour repousser au maximum la décision de fermeture de ? L’Oasis Nord ?, elle compte déjà 300 signatures. Les habitants y tiennent, à leur épicerie. Moussa, la trentaine, se désole : ? Si on ferme cette épicerie, où on va acheter notre pain ? ? Elle permet à Sahbi, originaire de la région de Gabis en Tunisie, père d’un gar?on de 2 ans et demi, de nourrir sa famille. Lorsque son commerce aura fermé du fait de la démolition de l’immeuble, il percevra certes des indemnités, mais il préférerait de beaucoup garder son commerce au même endroit. Comme tout le monde, il se fait une raison. Pour autant, il se demande s’il disposera dans les nouveaux immeubles d’une surface réservée à son commerce. Sahbi garde espoir de retrouver ailleurs ses clients, qui lui sont si fidèles.

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